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Full text of "Lettre du roi aux armées françoises"

LETTRE DU ROI 

AUX ARMÉES FRANÇOISES. 



JT 1 rançois qui portez les armes pour la défenfe de la 
patrie , c'en le Roi , c'efl le Chef fuprême que la Consti- 
tution vous a donné , qui vous témoigne dans ces circons- 
tances périlleufes , fa foliicitude & l'intérêt confiant qu'il 
prend à toutes vos actions. 

La Nation a les yeux fixés fur vous. En vous confiant le 
fort de l'État , elle fonde l'efpoir de fà tranquillité & de fon 
bonheur fur l'ordre , la difcipline &l'obéifTance graduelle qui 
doivent régner parmi vous. Déjà vous en avez fenti les 
heureux effets , & par-tout où vous avez été fournis aux 
loix militaires , des fuccès ont couronné votre courage. 

C'efl un fpeclacfe bien impofant que la réunion des 
citoyens foldats & des foldats citoyens , combattant pour la 
liberté , & réfolus de la fauver ou de périr , en fe fervant 
mutuellement d'exemple. Je n'ai pu voir qu'avec la plus 
vive fatisfaction , des foldats , novices dans le métier des 
armes, devenir tout-à- coup les émules des plus anciennes 
troupes , & prouver ainfi que l'amour de la patrie & celui 
de la liberté font la bafe de toutes les vertus guerrières. 
Mais , Soldats , ne vous méprenez pas à ce nom fàcré de 









Irbertc; fongez qu'elle opiififte à n'obéir qu'aux loix , & 
qu'elle établit pour premier devoir de leur être fidèle. Le 
Roi s'y eft fournis avec empreffement & fans réferve: puifTe 
fon exemple vous encourager à braver tous les dangers , 
plutôt que de manquer à ce que vous avez juré d'obierver ! 

J'ai déploré d'abord l'égarement des Officiers qui , par 
de faux préjugés , abjuroient des fermens volontaires & 
facrés ; mais depuis que vous avez combattu pour la patrie , 
je fuis profondément indigné contre ceux qui paffent lâche- 
ment à l'ennemi en abandonnant le porte d'honneur où ma 
confiance les avoit placés. Je les regarde comme mes ennemis 
perfonne.ls , comme les ennemis les plus dangereux de i'Etat , 
& il en coûtera moins à ma ienfibilité , lorfque je verrai, 
s'appefantir fur eux toute la rigueur des loix. 

Sévère envers les Officiers , en raifon de l'importance de 
leurs devoirs , j'attends du foldat la plus entière foumiffion 
aux règles de la difcipline. Je vous ai donné des Généraux 
dont l'expérience, les talens & le patriotisme juftifient ma 
confiance; vous leur devez toute h vôtre; votre fureté 
même l'exige. S'il fe trouve près de vous des hommes 
pervers qui cherchent à vous en détourner , n'écoutez pas , 
fuyez ces traîtres qui vous trompent & qui veulent vous 
déshonorer; 

Soldats François , illufîrés dans tous les temps par votre 
ardeur guerrière , fon énergie ne peut que s'accroître depuis 
que vous êtes devenus citoyens & hommes libres. Combattez 
avec fierté , refpeclez les propriétés de l'homme paifible ; 
rappelez votre humanité pour les vaincus ; fâchez que Je* 



revers inévitables Je la guerre font des leçons pour apprendre 
à vaincre ; fâchez que les hiccès ne peuvent être que le 
réfultat d'une confiance mutuelle & de la difcipline la plus 
févère : ceux que vous avez obtenus en préfagent d'autres; 
ils vous font garans de la reconnoi fiance de vos concitoyens , 
de l'eftime des Repréfèntans de la Nation , & de l'amour du 
Roi des François. 

OUÏS. Et plus bas, A. Lajard. 



A PARIS, DE L'IMPRIMERIE ROYALE.. 1792, 




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in 2013 



http://archive.org/details/duroiaOOfran 








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